Facebook 99,7% d'abstention ? et alors ?

jeudi 30 avril 2009 [11:10:41]

Facebook 99,7% d'abstention ? et alors ?
Facebook est une "communauté" virtuelle, un spectacle, une illusion, un divertissement, une "coopération faible", un pseudo réseau social, une agrégation de petits services, FB n'a pas l'envergure d'un état et encore moins la substance d'une communauté d'intérêts. FB est aussi ouvert qu'une auberge espagnole ou qu'un moulin et ça fait beaucoup de vent et ça rafraîchit parfois...

99,7% d'abstention n'est ni un mauvais, ni un bon chiffre, car ce genre de "consultation démocratique faible" n'a pas vraiment de sens.

Par contre, ce qui fait "sens" c'est l'intérêt que portent les médias à ces "divertissements cybernétiques" qui opèrent à la manière de miroirs prospectifs, sorte de fantasmes médiatiques où l'on aimerait voire se reproduire les mécanismes sociaux et politiques que l'on connait dans la société civile ou dans les institutions sociales et politiques.

C'est ce méprendre sur la nature même de ces "phénomènes" rebaptisés "buzz" qui n'ont d'autre intérêt que celui de nous divertir un court moment.

Ce qui fait le succès (buzz) de ces "contenus faibles" (bof) c'est l'absence, de visibilité des "contenus forts" et inédits, significatifs de cette culture en devenir qui se construit sous nos yeux.

Toutes ces tentatives de remodelage des réseaux sociaux ou des réseaux techniques ou encore du droit pour canaliser et instrumentaliser l'énergie libérée par l'interconnexion universelle (le web) sont vouée à l'échec et paradoxalement alimentent et développent l'imagination des hackers.

En effet, bien que nous soyons désormais dessaisis de la construction de nos objets et de nos machines, personne ne peut encore nous empêcher de déconstruire et de reprogrammer ces même objets et machines en fonction de nos désirs et au gré de notre fantaisie.

Car là même où la "coopération faible" se globalise à force d'inanité générale ponctuée de buzz anecdotiques, l'esprit et l'imagination travaillent en parallèle dans les interstices toujours plus vastes de la toile, dans cet espace citoyen et autonome peuplé par d'authentiques hackers.