Sauvages

lundi 7 novembre 2005 [14:43:41]

Sauvages
Les contestataires sont toujours des sauvages.

Les esclaves, les indigènes, les sans-culottes, les ouvriers et les paysans, les étudiants... c'est la chienlit comme disait De Gaulle (notre grand héros).

C'est vrai, ceux qui se révoltent sont des sauvages car ils ne respectent rien, ne craignent pas l'autorité et se moquent des lois et de la morale, c'est des sauvages certes mais ceux qui se résignent ont perdu toute humanité.

Il y a dans la révolte comme un dernier souffle de volonté même si celle-ci n'est plus que la volonté de détruire, c'est la volonté d'exister.

J'envie l'inconscience de ces combattants anonymes s'adonnant aux joies de la violence, comme cela doit être agréable l'odeur de l'essence, les voitures qui brûlent, le fracas des tôles sous les boules de pétanque et le bruit des vitres qui se brisent en mille éclats scintillants comme des étoiles sur le sombre asphalte, la nuit après une légère ondée...

Un vertige inconnu gagne ces jeunes apaches qui les entraîne dans l'enfer des sirènes hurlantes et des tirs bruyants de grenades lacrymogènes... à chaque fois c'est la même fête, le feu qui enflamme la nuit, la course des pas dans les rues vides, les crissements de pneus... un rythme nouveau, plus rapide, à perdre haleine.

Des images défilent en accéléré dans la tête, sous les yeux grands ouverts de nos rebelles explosent des fusées multicolores éblouissantes, partout le désordre danse et chante comme un parfum enivrant et lourd d'excitation, ce n'est pas encore la guerre civile mais le désir est grand.

Quel interêt de savoir si la cause est juste, il suffit de se promener dans la rue ce soir pour sentir en soi une joie simple comme un cri. Jamais le ciel qui surplombe les tours d'habitations n'a semblé si clair et dans le coeur de ces jeunes croît une lumière intense, une lumière que forge la violence et qui peut être illuminera un jour leur conscience.