La culture dominante c'est la culture de la classe dominée

jeudi 21 juin 2007 [22:15:34]

La culture dominante c'est la culture de la classe dominée
Dans la bataille pour la culture il faut bien avoir à l'esprit que l'arme de la qualité n'est plus l'arme absolue. Depuis bien longtemps, la compétition entre les artistes n'est plus le coeur de l'esthétique.

Il y a toujours davantage d'artistes, artistes professionnels, dilettantes ou amateurs et la démocratisation des médias ainsi que l'abondance de médiums concourent à une croissance exponentielle de la production de divertissements d'intérêt variés.

Le coeur de l'esthétique s'est arrêté.

Il faut revoir nos concepts concernant la culture, sa promotion et sa diffusion. Les dialectiques avantgardistes, les analyses postmodernes, la critique des médias, rien n'y fait, le phénomène dépasse tout simplement l'entendement car cette culture "dominée" ne correspond à rien de connu. On ne peut pas même comparer cette culture dominée aux formes artistiques transmises par les peuples opprimés ou les esclaves, car cette culture n'a pas de forme propre (collections de clichés et d'anecdotes), ce qui caractérise cette culture c'est la passivité et le conformisme, ce qui la rend dominante c'est le nombre.

La culture n'est plus dominée par l'élite, pas même par les mass-médias ou l'industrie culturelle, cette culture n'obéit pas au marché mais dans le même temps elle ne désobéit pas non plus, cette culture est dominée par le nombre, noyée, anéantie par le nombre, c'est à dire par la masse inépuisable d'images, vidéos, sons etc. produite par une armée d'internautes sans visages.

C'est la bataille entre la création de quelques uns contre la création en surnombre, le cinéma contre Vidéo gag, et ce n'est pas même une explosion des genres mais au contraire une implosion de stéréotypes. On peut remarquer le caractère autophage de cette tendance à l'étalement de soi, à l'exhibition du triste Ego dominée sur fond de communauté acéphale, sauf que là il faut ajouter à la disparition de la tête celle du corps vaporisé dans l'espace virtuel de SecondLife.

Il n'y a même plus de "où" c'est à dire de lieu où s'exprime cette "domination de la domination", il n'y pas de territoire, pas de frontière. Le "dominé" n'a pas d'essence non plus car devenu dominant il téléscope l'être même du dominé, ce n'est même pas la servitude volontaire c'est une forme nouvelle de "servitude involontaire", inutile et vide portée par une culture de l'acculturation.

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