Dans l'hyperespace, personne ne vous entendra crier !

mardi 25 décembre 2007 [15:55:24]


Car le plus grand signe de l'aliénation c'est le "silence", paisible, délicatement enveloppé par le ronronnement des machines.

Facebook comme les autres réseaux sociaux qu'on nous propose sont des dispositifs silencieux, qui imposent le silence, qui invente les conditions d'une parole muette, où la souffrance et la solitude n'ont pas droit au chapître, où s'inventent chaque jour des milliers d'algorithmes pour faire croître le nombre de nos amis, de nos connaissances, de nos silencieuses et invisibles relations et contribuer par là à l'étouffement du "bruit" que faisait le monde.

Des applications amoureuses et des passions glitterisées envahissent notre champ de perception pour toujours nous anéantir sur l'autel de la raison marchande, la poésie elle aussi "s'est fait silence" à défaut de "se faire justice", la toile à enfin trouvé ses prédateurs alors que sommes déjà pris dans ses fils de soie.

A force de jouer nous sommes devenus des jouets, car nous avons perdu le goût de l'enjeu et du risque vrai, à la place d'une révolution tant espérée se joue contre nous la comédie d'une utopie numérique où paradoxalement l'utopie c'est de regarder son nombril.

On ne peut pas s'expliquer, commenter, "dire" ce qui n'a pas de nom, ce qui anéantit justement les paroles car cela dépasse notre imagination, on ne peut que chanter le désespoir.